Plongée sur le Fetlar

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, sortie sur le Fetlar pour les 19 adhérents à bord.

Sortie en majorité pour l’évaluation des 8 postulants N1 présents souhaitant suivre la formation N2 : Alain, Aude, Emelin, Emilien, Franck, Julie, Lucas& Romain.

Fred et Loïc les responsables de la formation sont présents ainsi que Christophe, Gaëtan, Lionel et Sylvain pour les aider pour l’encadrement de ces 8 stagiaires. Le but de la journée est de commencer les exercices, vidage de masque, travail des signes, aide à son binôme, etc. etc

Des adhérents, désirant faire de l’explo, se sont greffés sur cette sortie.

La météo est très grise aujourd’hui, pas un rayon de soleil, pas de vent non plus, température ambiante à 12-13°. La plupart des personnes présentes sont bien couvertes. La fraicheur n’empêche pas les conversations animées.

C’est Gaëtan le pilote du jour, sous la responsabilité de Lionel. Perso, je trouve qu’il s’est bien débrouillé à l’aller comme au retour même si des ajustements sont nécessaires, semble-t-il. Mais il est vrai que mon avis ne compte pas n’étant pas pilote moi-même. Sur le trajet pour le site, nous apercevons beaucoup de « pêchous » certains un peu près du chenal.

Une fois arrivé sur site, un des mouillages « Marineff » du Fetlar ayant été détérioré par les pêcheurs, depuis peu : Fred, Loïc et Lionel installe une gueuse de secours pour aider les plongeurs à descendre au bon endroit.

Je suis chargée d’assurer la sécu surface : grosse responsabilité, je me remémore les consignes apprises lors de la session RIFAP à laquelle j’ai participée, il y a quelques mois.
« PAN PAN PAN Sémaphore de Saint-Cast pour Calypso 3 » répété plusieurs fois puis rappel des palanquées grâce aux chocs répétées d’un plomb sur la coque ! J’ai même vu avec Loïc pour démarrer le bateau et faire vrombir les moteurs pour insister sur le rappel des plongeurs en urgence.

Pendant ce temps, les encadrants font le briefing avec leurs stagiaires respectifs sur les exercices qui vont leur être demandés, rappel des consignes de sécurité en plongée, vérification du matériel, etc etc…

Romain est dépité, son détendeur qu’il vient de faire réviser, ne fonctionne pas. Il plongera après Alain avec son matériel. Du coup, très contrarié, la plongée ne se passe pas au top. Il sera plus zen la prochaine fois.

L’épave du Fetlar se dégradant à la vitesse V, consigne est donnée aux plongeurs autonomes de NE PAS RENTRER A L’INTERIEUR DU FETLAR.

Toutes les palanquées se mettent à l’eau. Et rentrent sans souci. Tout le monde est content de cette sortie, les préparants sur leur capacité à s’auto évaluer sur les progrès à faire face à leur GP. Chaque encadrant fait son retour à Loïc et Fred.

Les qualificatifs de cette plongée sont « parfait » « toujours » « on est bien sous l’eau ». La plongée fait du bien au moral.

Nous parlons beaucoup du Fetlar mais qu’est ce le FETLAR ? Un peu d’histoire s’avère nécessaire.

Construit à Glasgow en 1898, le Fetlar, qui s’est d’abord appelé le Ape, est un vapeur britannique classique de 55.34m de long pour 8.6m de large avec un gréement goélette (Les architectes semblent toujours se méfier des moteurs). Il jauge 464 tonneaux. Sa coque est en acier et il comprend 6 comportements étanches. Il est propulsé par un moteur de 85 cv.

Le Fetlar fait régulièrement la liaison trans manche et parfois le cabotage sur les côtes anglaises.

Habitué à effectuer le voyage vers Saint-Malo, son capitaine connait bien les passes de la Cité Corsaire. Il transporte des marchandises diverses (farine d’avoine, creusets en terre, des tonnes ondulées et des chaussures) dans ses cales. La traversée vers la Cité Corsaire se passe sans encombre

Malheureusement, arrivé en vue de l’île de Cézembre dans l’après-midi du dimanche 13 avril 1919, le vapeur s’apprête à doubler le phare du Jardin lorsque vers 15h45, il talonne sur une roche pourtant fort bien connue, le Bunel.

Le beau temps et la mer parfaitement calme permet à l’équipage de ne pas paniquer même si le capitaine doit se résoudre très rapidement à abandonner le navire très endommagé et faisant eau dangereusement. Le capitaine fait stopper les machines et éteindre les chaudières pour éviter leurs explosions au contact de l’eau qui monte régulièrement dans les cales

Porté par le courant vers l’est, le Fetlar dériva pendant ½ heure avant de s’enfoncer définitivement dans l’eau à environ 800m au nord de Cézembre. Il est 16h10.

L’équipage a eu le temps d’évacuer le vapeur dans les canots de bord sans aucun danger.

Mais ce n’est pas fini …

Venant de Granville avec une cargaison de 13 tonnes de phosphates à destination de Saint-Cast le Guildo, le sloop Marie-Catherine est légèrement au nord est de Cézembre lorsqu’il aperçoit le vapeur dériver et visiblement désemparé.

Le patron du sloop décide alors de se rapprocher du Fetlar pour porter assistance aux marins en difficultés.

Mais se rapprochant du Fetlar, le Marie-Catherine est entrainé par les courants vers les rochers des Petites Conchées où il se brise sans que l’équipage ne puisse faire autre chose que de se sauver dans le canot du bord !
Ainsi, par un bel après-midi de dimanche, des canots pleins de naufragés arrivent au port de Saint-Malo en provenance des deux navires.

L’épave du Fetlar repose sur un fond de 17 à 28m selon les marées. Elle a été colonisée par de nombreuses espèces.

Je ne peux répondre aux questions : où se trouve l’épave du Marie-Catherine, est-elle encore visible à défaut d’être visitable ou du moins de pouvoir plonger pour l’apercevoir.

En 2011 :

Le Fetlar est une épave magnifique, l’une des mieux conservée. A cette époque, elle repose posée droit sur le fond à une profondeur facilement abordable. Le point le plus haut de l’épave se situe à l’avant et remonte de 5m tandis que la moyenne est de 3m. L’accumulation de sable côté bâbord fait remonter une dune le long du bastingage.

Sur le site, la visibilité est extrêmement variable. Au niveau de la poupe, le spectacle est saisissant. Le surplomb du château arrière, qui abrite l’appareil à gouverner et l’hélice, offre une vue splendide.

L’ancre bâbord est toujours à poste ainsi que le guindeau facilement identifiable avec ses aussières et ses noix destinées à l’entrainement des chaines. En parcourant les coursives supérieures, on peut apercevoir une cuvette de WC toujours en place.
Plus loin, la chaudière est aisément reconnaissable à ses tubes de chauffes. La timonerie a entièrement disparu.

Sources pour ce cours d’histoire maritime :
  • SMPE : fiche réalisée en 2012
  • CASAR : fiche réalisée le 28/12/2013
  • Emmanuel Feige, auteur de « les fabuleux trésors engloutis de la baie de SAINT-MALO » aux Editions Cristel

En 2024 :

L’épave du Fetlar s’est très fortement dégradée depuis 2011. Il est dorénavant interdit de rentrer à l’intérieur. Le bastingage est tombé et le guindeau peut s’écrouler à tout moment. On ne peut l’admirer que de l’extérieur ce qui reste malgré tout une expérience unique et inoubliable notamment pour les premières plongées des Niveaux 1.

La faune sur le Fetlar est toujours bien présente : Rougets, Seiches, Homards, Saint-pierres, Tourteaux, des bans de Tacauds => un régal pour les plongeurs et surtout pour les photographes. Nous attendrons les photos de Loïc avec impatience.

Voilà j’ai enfin terminé, je sais que c’est un peu long. J’espère que vous aurez plaisir à le lire comme j’ai eu du plaisir à l’écrire.

A bientôt pour de nouvelles news

C.

 

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